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L'historique des travaux du GAPSE - Intervention de Serge Latouche
Le terme " décroissance " sonne comme un défi ou une provocation, même si nous savons bien qu'une croissance infinie est incompatible avec une planète finie. Cette phrase de Serge Latouche prend une étrange résonance dans cette brūlante actualité où sont évoqués les phénomènes de réchauffement planétaire, de limites des réserves pétrolières, de toxicité chimique croissante, du développement industriel de la Chine, de l'Inde, du Brésil... Le GAPSE suit attentivement ces phénomènes souvent initiés, toujours orientés et amplifiés par des pouvoirs complexes et, c'est le moins que l'on puisse dire, difficilement contrôlables d'une façon démocratique. Nous avions invité Alain Gras en 2004 qui nous avait invité à réfléchir sur l'emprise des technologies est également, déjà, Serge Latouche, en 1999. Au terme de décroissance étaient associés dans l'espace médiatique et dans les pensées de beaucoup d'entre nous, il y a encore peu de temps, les mots d'utopie, de rêveur, de marginal, d'égoļsme etc. Presque brutalement, parmi les scientifiques, les courants politiques, les milieux d'affaires,... le terme a pris d'autres significations. Les scientifiques et les politiques comprennent que leur responsabilité peut être mise en cause, les milieux d'affaires que les donnes économiques seront profondément bouleversées à très court terme. Des rapports commandés par des organisations puissantes et réalisés par des experts que l'on ne peut pas soupçonner de gauchisme et d'utopisme sont formels : certaines décroissances deviennent impératives à très court terme. Serge Latouche nous invite à réfléchir sur la signification de la décroissance, sur ses champs, sur son ampleur et sur les modes d'organisation à adopter. Ces problématiques nous concernent tous par les répercussions non seulement sur nos vies quotidiennes, mais aussi sur nos vies professionnelles et sur nos pouvoirs politiques.
Quatrième de couverture du livre :
Le terme de " décroissance " sonne comme un défi ou une provocation, même si nous savons bien qu'une croissance infinie est incompatible avec une planète finie. L'objet de cet ouvrage est de montrer que si un changement radical est une nécessité absolue, le choix volontaire d'une société de décroissance est un pari qui vaut la peine d'être tenté pour éviter un recul brutal et dramatique. Il s'agit donc d'une proposition nécessaire pour rouvrir l'espace de l'inventivité et de la créativité de l'imaginaire bloqué par le totalitarisme économiste, développementaliste et progressiste. Bien évidemment, elle ne vise pas au renversement caricatural qui consisterait à prôner la décroissance pour la décroissance. Celle-ci est envisageable que dans une " société de décroissance ", c'est-à-dire dans le cadre d'un système reposant sur une autre logique. Reste le plus difficile : comment construire une société soutenable, y compris au sud ? Il faut en expliciter les diverses étapes : changer de valeur et de concepts deux, changer de structures, relocaliser l'économie et la vie, revoir nos modes d'usage des produits, répondre au défi spécifique des pays du Sud. Enfin, il faut assurer la transition de notre société de croissance à la société de décroissance par les mesures appropriées. La décroissance est un enjeu politique, et il est d'ores et déjà certain qu'elle ne sera pas absente du débat électoral de 20002. Serge Latouche est diplômé en sciences politiques, philosophie et de sciences économiques. Professeur émérite de l'université Paris-Sud (Orsay), il est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord - Sud et de l'épistémologie des sciences sociales. Parmi ses principaux ouvrages publiés : L'autre Afrique : entre don et marché (Albin-Michel, 1998), La Déraison de la raison économique (Albin-Michel, 2001), Justice sans limites (Fayard, 2003), Décoloniser l'imaginaire (Parangon, 2003), Survivre au développement (Mille et une nuits, 2004), L'invention de l'économie (Albin-Michel, 2005). |