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Les dossiers du GAPSE - L'enseignement supérieur

• Les propositions

La France et beaucoup de pays européens pensent leur avenir économique en termes de production à haute valeur ajoutée.
Pourtant elles ne consacrent que des budgets en moyenne trois fois plus faibles que ceux des États-Unis en matière de recherche et d'enseignement supérieur.
C'est totalement contradictoire surtout en prônant parallèlement une libre et totale circulation des capitaux, des marchandises et des hommes. C'est comme si une entreprise investissait trois fois moins que son plus proche concurrent !

Nous proposons de doubler le budget annuel de l'enseignement supérieur et de faire un effort comparable pour la recherche.

Mais que représente un doublement du budget annuel ?
Le budget de l'enseignement supérieur est de 15 milliards d'euros. Il s'agit donc de trouver une somme équivalente, soit 15 milliards d'euros.

Mais que représentent ces 15 milliards d'euros ?
Comparons cette somme à d'autres dépenses :
- le "trou" de la sécurité sociale, 10 milliards d'euros.
- les dépenses des Français pour le téléphone portable, 5 milliards d'euros.
- le budget de la défense, 50 milliards d'euros.

Comment trouver 15 milliards d'euros ?

Nous proposons trois axes de travail qui, bien entendu, devront être débattus.
  • Axe 1 : 5 milliards en provenance du ministère de la défense nationale

  • Les guerres modernes, d'après les stratèges, seront des guerres technologiques. Pourtant les conflits récents ont montré que l'armée française possédait du matériel technologiquement inachevé et ne possédant pas toute la cohérence voulue. Nous pouvons légitimement nous poser la question de la capacité des militaires à utiliser d'une façon performante un matériel dont ils n'ont pas partagé la conception. Ceci est d'ailleurs vrai pour tous les groupes humains face à des technologies nouvelles.
    Nous proposons donc de réorienter environ 5 milliards d'euros vers les universités et la recherche, l'armée étant associée à la définition des programmes pour ce qui la concerne.

    Ces 5 milliards seraient trouvés sur les achats de matériels importés et qui entrent plutôt dans la logique des panoplies que dans celle de la possession d'armes efficaces.

    Par ailleurs l'achat de ces matériels coûteux et complexes doit se faire dans le cadre d'une défense européenne.

    Une telle doctrine permettrait de remettre à niveau techniquement et politiquement notre défense et ceci dans un délai de 15 ans.

  • Axe 2 : 5 milliards par les impôts

  • Le doublement des budgets de l'enseignement supérieur et de la recherche implique la naissance d'un vrai projet national, voire européen, capable de séduire un grand nombre de citoyens et ouvrant des espaces de débat sur le sens de ces investissements dans nos sociétés. Nous pouvons faire l'hypothèse qu'alors un impôt serait bien accepté.

    En outre, 5 milliards consacrés à l'enseignement supérieur ne nécessiteraient pas 5 milliards d'impôts supplémentaires. Ce doublement des budgets de l'enseignement supérieur et de la recherche entraînerait une création réelle d'emplois dont certains pourraient compenser la réduction des effectifs d'autres administrations.

  • Axe 3 : 5 milliards par la contribution des étudiants

  • C'est évidemment un sujet hautement polémique.

    Nous pouvons imaginer qu'après la deuxième année d'enseignement supérieur, les étudiants contribuent au financement de leurs études par un apport, disons pour fixer les idées, de l'ordre de 8 000 euros .

    Un million d'étudiants apportant 8 000 euros engendre une ressource de 8 milliards d'euros. Cette contribution des étudiants serait réalisable par l'apport d'un prêt à taux zéro et remboursable sur une période de 10 ou 15 ans après les études. Un système d'assurance maladie, contre le chômage et les désordres de toutes sortes serait prévu. Cet apport de capital permettrait aux jeunes de penser en termes de capital intellectuel à acquérir et à gérer.

    Cet apport permettrait une responsabilisation des étudiants dans la gestion de leur université. Une partie du capital pourrait être mutualisée afin de tenir compte de la longueur des études (par exemple pour les médecins).

    En outre, cet effort individuel permettrait de mieux faire accepter l'idée au reste de la population ne faisant pas d'études que leurs efforts seraient partagés par les personnes qui, plus tard, pourront être considérées comme favorisées.

    Comme aux États-Unis, une partie des emplois de l'université pourrait être tenue par des étudiants ayant besoin de revenus pour assurer leur vie quotidienne.
    Enfin, les étudiants pourraient participer pleinement et d'une façon responsable à la gestion de leur université.

    Un tel projet permettrait de rebattre les cartes : revalorisation du statut des professeurs, apparition de nouveaux acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, meilleure intégration des étudiants étrangers et développement d'un véritable partenariat avec les pays du Sud.


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