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Les dossiers du GAPSE - L'enseignement supérieur

• Pourquoi analyser l'enseignement supérieur ?

Depuis 2002, nous avons pris comme champ d'investigation les activités scientifiques et industrielles portant sur les industries du vivant (pharmacie, biotechnologies, organismes génétiquement modifiés…).
Le choix de ce champ a plusieurs raisons.
Ces activités impliquent des recherches scientifiques et technologiques de haut niveau et, par conséquent, une gestion des connaissances très structurée.
Elles présentent, pour les objectifs que nous poursuivons, un caractère exemplaire :
- secteur délimité,
- impact vital sur notre vie,
- effet structurant fort sur l'économie,
- présence traditionnelle en Europe.
D'autres champs auraient pu être choisis : les télécommunications, l'espace, l'informatique…

Nous avons mis en évidence quatre phénomènes manifestement liés et se confortant :
- le contrôle des industries structurantes par des pouvoirs ancrés aux États-Unis,
- la migration des centres de recherche privés vers le territoire américain ;
- l'existence aux États-Unis d'un enseignement supérieur qui, sur de multiples points, ne se compare plus aux enseignements supérieurs français et européens ;
- la quasi-disparition des projets industriels et sociétaux en France et en Europe.

Ajoutons des budgets états-uniens de recherche publique énormes (54 milliards de dollars pour la recherche civile et 62 milliards de dollars pour la recherche militaire, en 2002).

Nous avons été surpris par le constat de l'importance des moyens consacrés à l'enseignement supérieur par les États-Unis et par les caractéristiques de certaines universités qui, très visiblement, accompagnent la concentration des pouvoirs économiques et, nous le verrons, l'extension des pouvoirs politiques.

Le bon sens suggère que l'on n'a pas attendu le GAPSE pour entreprendre de telles investigations et qu'un grand nombre d'institutions spécialisées fait travailler une masse d'experts sur ces thèmes. Le bon sens a en partie raison, il existe une masse d'experts collectant des données intéressantes, mais il a en partie tort car leurs interprétations sont presque toujours biaisées, consciemment ou non. Il existe une sorte de consensus culturel pour considérer que toute situation, si défavorable soit-elle, est sans alternative possible et doit donc être subie. Cette position a le mérite d'être apaisante et demande le minimum d'énergie. C'est ce qui fait sans doute qu'elle soit aussi répandue.

Cependant les forces puissantes de ces nouveaux pouvoirs modifient profondément les réalités et ceci d'une façon souterraine.
Quand ces forces engendrent des situations violemment contradictoires et insupportables pour le plus grand nombre, elles finissent par apparaître clairement aux yeux des citoyens. Alors de nouvelles régulations sont recherchées mais, le plus fréquemment, dans les pires conditions. Encore faut-il que ce soit possible.
Nous avons la conviction que nous sommes au début d'une telle phase historique.


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